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DE PRESSE
Par Liliane Lacroix Des
problèmes de gencives alliés à une forte consommation
de cigarettes avaient eu raison de la dentition de Micheline Brochu, avocate
à son compte. « Il y avait des trous entre mes dents, elles
étaient jaunes et se déchaussaient. Je n’osais même
plus sourire, mes dents étaient trop laides. Si je ne faisais pas
quelque chose et vite, je m’en allais directement vers un dentier
et je ne me voyais vraiment pas en arriver à ça ».
Depuis des années, le Dr. Elliot Mechanic se spécialise en dentisterie cosmétique. Dans sa jeunesse, pourtant, le Dr. Mechanic n’ avait jamais rêvé d’être dentiste. « je ne suis pas un scientifique comme la plupart des autres docteurs et dentistes. Je viens d’une famille d’artistes et je suis avant tout un gars de rock’n’roll », avoue-t-il candidement.
Mais son père, qui gagnait sa vie comme designer de sacs àmain,
avait établi des règles très strictes pour le jeune
guitariste-rock aspirant à la gloire : « Ou bien tu obtiens
un gros contract comme musicien ou bien tu continues tes études.
» Comme il n’a pu obtenir mieux qu’une entente avec
une petite compagnie de disques de Buffalo, Elliot Mechanic, musicien,
collectionneur de guitares, rocker et peintre à ses heures, a dû
se résigner et entrer à l’école de dentisterie.
Ses premiers patients, ce furent ses anciens collègues musiciens.
C`était en 1983 : « Il sont venus passer une semaines et
l’ un d’eux m`a demandé si je pouvais faire quelque
chose avec ses dents pour qu’il paraisse mieux. A l’époque,
il n’y avait pas vraiment de technique. » La symétrie asymetrique Perfectionniste à outrance, au point de n’avoir jamais pu véritablement terminer un tableau, il s’est mis à la recherche de ce qu’il appelle la symétrie asymétrique, le look naturel à son summum, la perfection telle que la nature l’aurait créée : « Ce qui fait que Van Gogh est Van Gogh, c’est que son sens des proportions plaît à tout le monde. Si les dents ont l’air d’une série de gommes Chicklets, ce n’est pas si parfait car ça n`a rien de naturel, rien de sexy. Les dentistes commencent à réaliser que les gens ne veulent pas ressembler à Austin Powers. Ce qu’on veut, ce que je vise, c’est de restaurer l’harmonie. » Un petit look animal plus en canines pour les plus jeunes, des dents dont la teinte varie un peu pour éviter le look artificiel, il joue avec les nuances et les formes. « La dentisterie cosmétique doit mettre en valeur et reproduire la nature, pas la changer… » décrète-t-il. Pour certaines personnes, le changement physique et psychologique est draconien : « Une de mes patientes était maltraitée par son mari, explique le chirurgien dentiste. Elle se dépréciait beaucoup. Le jour où elle a fait réparer ses dents et retrouvé ainsi un peu de confiance et d’estime personnelle, elle a quitté son mari. Une autre faisait des ménages, son mariage était misérable et elle ne voyait pas comment s’en sortir. Elle a tout hypothèqué pour pouvoir se faire opérer. Il y avait un immense travail à faire mais elle passée à travers. Elle était prête à tout et effectivement, elle a pu changer sa vie du tout au tout. Pour plusieurs comme ces deux patientes, ça se passe dans la tête autant que dans la bouche. » Si la dentisterie
cosmétique comprend le très populaire blanchissage, les
interventions peuvent être beaucoup plus poussées : remodelage
des gencives au laser, remplacement des obturations grises, facettes en
porcelaine, couronnes et ponts ou implants, réparation d’une
dent brisée, rapprochement de dents écartées, on
trouve de tout. « Quand on est vraiment prêt, on est disposé à travaillée en ville avec ses enfants. Très jeune, elle a perdu deux dents à l’avant. À la tête d’une grosse famille et dotés de priorités autrement plus urgentes à leur point de vue, ses parents n’ont pas jugé bon de corriger la situation. Mme. Morin a donc subi une perte de gencives, une perte osseuse et même une certaine déformation de l’alignement dentaire, puisque ses dents restantes on essayé tout naturellement de combler les trous. Mme. Morin ne voulait pas de partiel ni pont-papillon. Elle voulait ravoir de vraies dents, ce qui signifiait à la fois greffres et implants. Avec son assentiment, sa bouche est devenue un véritable chantier de construction. "Il faut vraiment le vouloir et il faut aussi avoir les moyens, dit-elle."Personne ne peut ou ne devrait juger cela. C’est une question personnelle. Mais vous savez, quand vous n’avez même plus de plaisir à sourire…" Si c’était à refaire, elle recommencerait illlico : "Même avec le pont-papillon, mon sourire n’était pas très joli. J’avais la lèvre supérieure un peu affaissée, ça faisait artificiel, il manquait quelque chose. Maintenant, c’est presque fini et on me trouve de plus en plus jolie." Quant à la douleur, elle l’a vite relativisée : "J’ai trouvé les broches encore pires. J’avais des bobos dans la bouche. Et quand vous êtes dans le Grand Nord, avoir de gros ulcères buccaux et pas grand-chose pour les traiter, ce n’est pas très drôle." Au royaume des perfectionnistes Univers de reconstruction dentaire, maxillaire et même faciale, la dentisterie esthétique est aussi le royaume des perfectionnistes : des dentistes qui veulent faire plus vrai et plus beau que nature mais aussi des patients, des patientes surtout, pour qui le moindre petit défaut ou anormalité devient insupportable. Tout le monde le lui disait : "Sont belles, tes dents, Nathalie. Pourquoi y changer quoi que ce soit?" Mais pour la comédienne Nathalie Breuer, c’était essentiel : "Je ne souriais pas comme j’aurais voulu sourire. Je me retenais toujours, je développais des tics, c’en est même venu à influencer ma façon de jouer." Sur la table du dentiste, il y a des photos d’avant et d’après. Sur la deuxième photo Mme. Breuer est absolument éblouissante, mais, pour dire vrai, elle l’était tout autant avant. En fait, on cherche les différences si vitales. "J’avais les gencives allongées et les dents courtes, les dents un peu croches aussi", explique-t-elle. Ah oui? "Les gens ne savent pas c’est quoi. Parfois, c’est très subtil. Mais dans ma tête, c’était quelque chose que je devais faire. Est-ce que ça valait la peine? Oui, pour toute la confiance que ça m’a donné, pour l’aisance qui est venue avec, pour le plaisir de sourire à pleines dents…" Perfectionniste? "Evidemment, admet Mme. Breuer. Je suis née perfectionniste. J’essaie de l’être un peu moin… mais pas avec mes dents!" Quand le cabinet du dentiste devient un spa Pour le Dr.Elliot Mechanic, le traitement en dentisterie cosmétique ne se limite pas à la bouche. Cela doit devenir une expérience globale. Calés dans la chaise du dentiste, la bouche grande ouverte, les patients peuvent visionner des films vidéo récents grâce à des lunettes spéciales à réalité virtuelle, se faire dorloter les mains avec un treaitements à la paraffine, profiter de l’aromathérapie ou du contact agréable des serviettes chaudes. Dans certains cas, on sera chargé de réserver un hôtel et un restaurant et on ira même cueillir le client en Mercedes allongée. "Je ne veux plus que les gens considèrent la visite chez le dentiste comme une expérience douloureuse ou pénible. Je ne veux plus qu’ils aient peur de venir", déclare le spécialiste. Cabinet de dentiste ou spa de luxe, on ne sait plus, mais le Dr. Mechanic se défend d’en faire trop : "Les gens méritent d’être traités correctement. Je les traite seulement comme j’aimerais l’être en pareil cas." Si un blanchiment peut coûter aussi peu que 150$, certains clients iront jusqu’à dépenser des dizaines de milliers de dollars pour refaire leur bouche du tout au tout. Une folie? Pas pour les patients qui ontainsi l’impression de changer leur vie. Mais encore faut-il
qu’ils en aient les moyent! Copyright La Presse 2003 |